Discret depuis quelques temps, le rappeur-producteur Ohmega Watts fait néanmoins partie de cette nouvelle vague de touche-à-tout qu’il faut tout de même surveiller.
Un premier maxi « A request » en 2004, approuvé par la critique, précède le premier album « The find » sorti l’année suivante sur le label Ubiquity ;  véritable joyau à posséder obligatoirement dans sa discothèque, il fait partie de ces rares albums que vous pouvez écouter en boucle en ne zappant jamais une piste. A la base de toutes les instrus, Ohmega Watts opère un véritable travail chirurgical sur les samples, joue lui-même de pas mal d’instruments et invite encore une tripotée de musiciens, chanteurs, DJ et MC qui apportent leur vibe, comme ses amis de Lighteaded, Surreal, The Procussions pour ne citer qu’eux…« The find », qui traverse les époques et les courants musicaux, reflète bien l’envie de recherche musicale de cet artiste, car c’est un véritable vocation d’archéologue qui anime Ohmega. Le deuxième album « Watts Happening » suit peu longtemps après, mais il ne sonne pas aussi bien que le premier opus, malgré cette même envie de donner le meilleur de soi-même et d’aller toujours plus loin dans la création. Même s’il se fait plus rare aujourd’hui, c’est autour du Californien Kero One, des Canadiens Dragon Fli Empire, de l’Anglais Quantic ou encore Alice Russell qu’on l’a repéré ensuite, ou encore avec le projet M64, en collaboration avec la chanteuse Ragen Fykes et dont il s’occupe entièrement de la production musicale de l’album. Voici quelques réactions recueillies peu après la sortie de ce premier album tant adulé par nos oreilles « The Find ».

Par : Whyninot ; traduction : Alan Rilax

Ohmega Watts, première question : pourquoi ce nom ?
Avant je m’appelais seulement Omega, et il y avait beaucoup de monde qui avait ce même nom Omega, alors j’ai voulu le changer pour me détacher. J’ai alors pensé à d’autres noms mais rien ne marchait. A la fin c’est arrivé par une blague : j’ai envoyé un e-mail à un ami et je l’ai signé par « Peace, Omega Watts » et il m’a fait : « Tu sais ça sonne bien, le son est cool », lui et moi étions à l’époque dans un groupe qui s’appelait The Transmetters qui… tu sais, un peu tout de ce qui parlait de transmission, d’électricité ou de n’importe quoi. Donc, Watts ressemblait à voltage, énergie, pouvoir (power) comme dans la musique. Et puis j’ai commencé à l’écrire Ohmega car ohm fait penser à une résistance, c’est représenté par le symbole Omega. Alors tout ça lié ensemble pour devenir Ohmega, mais définitivement différent de quelconque qui s’appellerait Omega car ce nom simple d’Omega est utilisé par des tonnes de gens dans les circuits indépendants, comme Omega Machin ou Omega Truc… Ohmega Watts c’est pour me séparer de n’importe qui d’autre, c’est aussi un nom qui contient beaucoup d’énergie, du pouvoir que j’essaie de mettre dans la musique.

Comment pourrais-tu expliquer ta musique à un sourd ?
Je pense que je lui montrerais un ramassis de nanas et de gamins en tain de sauter partout et de s’amuser, de faire la fête, du breakdance… Et je lui dirais en les pointant du doigt : « C’est moi, c’est ma musique, c’est mon son, et ce que tu vois faire les gens quand ils écoutent ma musique ».

Quand tu as commencé le hip-hop, tu étais aussi un danseur ?
J’ai grandi à New-York, à Brooklyn, dans le Queens. Je n’ai pas commencé à écouter des trucs par moi-même car j’ai grandi autour de beaucoup de musique, reggae, calypso, soca,  car mes parents viennent de la Jamaïque. Et à côté de ça j’ai grandi autour du hip-hop, de son berceau à New York. C’est venu du Bronx jusqu’à Brooklyn et au Queens, quand j’ai vraiment commencé à écouter j’avais environ 11 ans, et quand j’ai commencé à écrire pour la première fois, c’était plus des freestyles que des morceaux à l’époque, j’avais entre 13 et 14 ans. Puis je suis parti en Floride dans le sud et j’ai commencé à produire quand j’avais 17 ans presque 18, juste à la sortie du lycée, je produis depuis 1997.

Ton album s’appelle “The Find” (« La recherche ») ; as-tu trouvé ?
J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de monde qui avait aimé ce que j’avais fait. Mon idée derrière « The Find » était en quelque sorte en deux parties : comme producteur tu creuses, cherches, et trouves un bout de musique d’un artiste dont tu n’avais jamais entendu parler ; ou alors c’est le disque que tu cherchais, et tu sais qu’il y a telle chanson dessus, et quand tu le trouves tu fais : « C’est mon truc préféré ! » ; ou c’est un nouveau groupe et tu commences à dire à tout le monde « Hé, t’as entendu parler d’Untel ? », tu dois vérifier l’album, aller le chercher pour écouter ce petit bout etc. Pour moi appeler cet album « The Find » c’était comme pour un fouineur, celui qui a trouvé l’album et qui n’avait jamais entendu parler d’Ohmega Watts, il peut le choper et dire « Waoww, J’aime beaucoup ça, j’ai jamais entendu parler de lui mais j’aime toutes ses chansons, je vais en parler à tout mes potes… ».

C’est ce qui c’est passé pour nous…
Merci beaucoup. Donc l’idée pour moi c’était ça. Et après être devenu ce que je suis maintenant, tu sais je suis passé par pleins de trucs différents, j’ai grandi à New York et après j’ai bougé partout. J’ai une bonne famille, mes parents sont toujours ensemble et tout va bien. Mais avoir vu différentes choses, avoir des influences diverses, un peu de drogues mais pas trop, j’ai jamais été bourré tu sais ? Mais je fumais, un bon paquet de weed, des clopes… Puis j’ai arrêté et je  suis arrivé au point où c’était plus un truc spirituel, avec Dieu pour m’aider. Donc personnellement avec un titre comme « The Find » je voulais parler de moi spirituellement, trouvant un but dans la vie, tu vois… Et trouver ça pour moi ça passait par la compréhension, la connaissances des différentes religions à travers le monde. Pas essayer d’avoir une seule religion mais une seule relation, trouver que dans ma vie j’en arrive à Jésus Christ. C’était comprendre tout ça, et tu sais dans un sens c’est assez dur aux Etats-Unis vu comment les choses sont représentées donc je devais fouiner comme quand je cherche un disque, et pour moi c’était « The Find ». Avoir fait ça se retrouve dans ma musique, c’est propre, tu as des morceaux festifs mais tu as aussi des morceaux qui parlent de la vie et des morceaux qui parlent des relations, des femmes…. et de morale, du bon concept d’être socialement conscient des choses. C’est « The Find » pour moi.

As-tu fait le graphisme de la pochette de l’album ?
Oui, pour mon CD, j’ai créé 4 idées de pochettes différentes et je les ai envoyées à Ubiquity. Ils ont fini par choisir celle qui est la pochette aujourd’hui. Au début c’était juste : « Si tu as quelques idées sur lesquelles on pourra travailler… » et ils ont vraiment aimé mon idée, le style et les couleurs. Ils l’ont finalement gardée, et je ne m’y attendais pas. Mais j’ai juste fait la couverture, pas  l’intérieur.

Pour tous les gens qui ne peuvent pas venir à l’un de tes concerts… A quoi cela ressemble-t-il ?
Il y a beaucoup d’énergie, de personnalité, et j’essaie de faire rentrer tout le monde dedans, un peu comme faisaient les MC de la vieille école, avec ces trucs de questions-réponses. Mais sans forcer personne, tu sais je ne fais jamais un concert ou je dis au gens : « Rapprochez-vous !… » En général ils finissent pas venir devant si ils en ont envie, et sinon c’est à moi de faire une bonne prestation et de donner le meilleur. Mais si le public me répond bien ça ne rendra le concert que meilleur. Sinon, je vais quand même dépenser beaucoup d’énergie, tu vas entendre beaucoup plus de cris de ma part que sur l’album, parce que maintenant mon set est beaucoup plus influencé par le groupe qui joue avec moi. Alors je me déplace avec ma MPC et je peux faire des beats en live pendant que les MC qui sont avec moi rappent dessus. Mais de toute façon tu auras un bon concert. Le concert de ce soir, à Montpellier ; il va y avoir de la MPC live, Braille est avec moi ce soir ainsi que DJ Idol. On va faire en sorte de sortir un gros gros set, donc c’est vraiment de la haute énergie, les bras ouverts au public pour mieux les impliquer, qu’ils ne se sentent pas laissés sur le côté.

Dans tes albums il y a beaucoup d’instruments joués, as-tu déjà eu l’idée de jouer en concert avec un groupe de musiciens ?
Je veux le faire dans le futur. ça coûte cher de ramener un groupe, même maintenant avec nous quatre sur ce voyage ça coûte cher de tout prévoir question bouffe, déplacements en train et tout ça, partout où on va. Mais j’aimerais vraiment avec mon prochain album, avoir une bonne base de fans pour nous faire venir pour bosser ici avec un vrai groupe qui m’accompagne. Comme ça on pourrait faire un concert qui soit plus fidèle au son de l’album, je sais pas si je pourrais jouer moi-même de la batterie ou la balancer en live avec le MPC, ou même la programmer et avoir comme instruments supplémentaires la basse, la guitare, les cuivres et un clavier.

Peux-tu imaginer le monde sans les vinyles ?
Et bien, si nous n’avions pas connu les vinyles, tu ne saurais pas. (rires) Tu n’y penserais pas… Mais sachant qu’aujourd’hui nous avons les vinyles, si ils devaient disparaître je pense que ce serait vraiment différent, car il y a quelque chose à propos du fait que je suis un artiste également du point de vue visuel, avec un design de la pochette par le label, et du livret. Egalement à propos de la qualité du son du vinyle comparé à celui du CD. Tout cela est bien. Alors un monde sans vinyles, sans pouvoir être capable de le faire tourner comme… J’ai fait plus souvent le DJ ces derniers temps, à jouer des trucs que j’avais cherchés et trouvés… Un monde sans vinyles serait vraiment différent. Et je veux dire, honnêtement, en voyageant comme ça, peut-être ce serait dur pour moi venant des Etats-Unis si je devais prendre tous mes disques pour mixer. Alors, je m’intéresse à Serato, mais j’ai toujours des vinyles, et je ne sample que des vinyles. Je ne sample jamais des CDs sauf si c’est un truc spécifique qui ne se trouve que sur CD, c’est d’ailleurs bizarre que je sois intéressé par des trucs comme ça. Alors un monde sans vinyles serait bizarre pour moi.

Justement, quel est le genre de truc que tu cherches en ce moment ?
J’écoute beaucoup de funk, de rock psyché, et de la bossa, de la musique brésilienne, de la samba, et aussi d’autres trucs différents. Alors quand je fouine, ça fait 4-5ans que je fouine, ce qui est peu par rapport à ceux qui ont fouiné et qui savent vraiment, mais j’ai appris et quand je fouine maintenant, je cherche des breaks, mais au-delà je fouine aussi seulement pour un album solide que j’apprécie vraiment, dont je peux respecter la musique et l’écouter vraiment, puis le passer en tant que DJ. Et si c’est un album d’exception il y aura sûrement quelque chose que je pourrais sampler, ou il y aura quelque chose qui pourra m’inspirer. Alors quand je fouine, je cherche dans le jazz, la soul, le R’n’B, je cherche des trucs bizarres, expérimentaux, dont je sais qu’un autre ne les choisirait pas. Alors je peux trouver un son… Et la façon dont je travaille en production est comme… J’essaie de trouver des morceaux qui vont bien ensemble, je chope un bon petit son qui est déjà un tube, ou bien deux, et je les coupe en petits morceaux et les ré-arrange pour que ça ne sonne pas du tout comme l’original. Et ensuite je trouve d’autres sons de vinyles, et je joue des sons avec mon synthé, un Rhodes. Je travaille aussi avec des musiciens pour rendre tout ça plus musical…

Puisque tu travailles beaucoup avec des samples, que penses-tu du fait de payer pour pouvoir utiliser des samples ?
Payer les droits des samples pour moi et Ubiquity n’est pas une chose facile car sortir des albums à l’échelle où nous le faisons, dans le monde entier, est vraiment dur. Si tu dis : « Je veux utiliser ce sample de Untel » et si c’est un gros label alors ils vont te facturer beaucoup. Et ça peut être plus que le budget initialement prévu pour l’album, et le budget pour l’album paye l’enregistrement, le mixage, les artistes que j’invite, alors… Je ne peux pas vraiment payer pour les droits des samples avec Ubiquity pour le moment. Mais je sample, et comme je disais, la façon dont je produis mes morceaux fait que je chope des trucs qu’on ne reconnaît pas. Sur tous les morceaux, même sur ceux qui sonnent live, il y a au moins un sample. Il n’y en a pas un qui n’a pas de sample.
Sur « Treasure Hunt » par exemple, j’ai samplé un morceau de reggae, j’ai oublié de quel artiste, un vieux truc tiré d’un 45 tours. On entend les bruits du vinyle et ça sonne sale quand on le passe. Il y a un passage où on l’entends dire : “Dig it up !!”, tu entends ça et puis juste après “Pidip, Pidip”, et ça c’est un sample. Et puis après j’ai ajouté un autre son qui a aussi la vibe reggae, et aussi les cuivres, qui sont samplés depuis un autre morceau de reggae, mais j’ai eu un musicien pour le rejouer et il l’a rallongé, donc je suis revenu avec une seconde moitié. Pour faire ça on a un peu modifié la tonalité, car ç’était en dehors de la gamme des autres samples, et j’ai eu un trompettiste qui l’a rejoué et qui a rajouté quelques notes pour compléter la tourne. L’autre son d’harmonica, j’ai oublié le nom de la chanson dont je l’ai tiré, je l’ai joué moi-même avec un mélodica et puis j’ai rajouté un effet, une sorte d’effet de delay guitare, un son bien poussiéreux, enregistré avec un micro basique, un peu comme celui-là. Mais la plupart du temps je les joue direct par-dessus la piste d’enregistrement. Mais tout le reste, les gammes du début sont samplées, les cuivres étaient des samples que l’on a rejoués, et puis la basse était jouée live par un autre type.

Tu joues également des instruments, quelle est ta préférence ?
Je veux progresser au clavier en premier. Depuis que j’ai une boîte à rythmes j’adore la batterie, j’adore la guitare. J’ai un Akai MPC 2000, je fais des séquences et ensuite des samples, mais je les exporte sur disque. Je viens d’avoir la nouvelle MPC 2400 qui sauvegarde en flash donc je n’ai plus besoin d’avoir un graveur, ce qui est pas mal. Car mon ancienne datait de 97, ce qui est un peu vieux mais j’adore travailler avec et je suis vraiment rapide avec. Mais j’essaie d’apprendre avec la nouvelle, c’est celle que j’ai ce soir pour le concert. Elle est un peu plus petite. La 1000 est vraiment petite et compacte, mais la 2400 bouge un peu plus, mais elle est plus courte que la 2000, et elle est noire, rouge et blanche, mais c’est pas mal. Je joue un peu du clavier mais je ne dirais pas encore que je suis un pianiste. Je veux apprendre et devenir meilleur mais je joue à l’oreille, alors… Autour des samples je joue des trucs au clavier, des petits bruits ou des accords, je les mets sur une autre piste sur Protools et je les rajoute après. Je séquence la batterie, la basse et les sample sur la MPC en live, ensuite je le mets dans Protools et je joue sur le synthé.

Est-ce que tu penses qu’être avec Ubiquity Records te donne une bonne notoriété en tant que rappeur, ou bien penses-tu que la promo serait meilleure avec un label de rap ?
En ce qui me concerne, je me concentre plus sur la production que sur le rap. Car je me sens plus passionné par le fait de produire de la musique, mais j’adore être capable aussi de parler et de rapper, de partager les choses que je vois. Mais être avec Ubiquity a été quelque chose de bon pour moi, ils ont permis à ma musique d’aller dans des endroits comme celui où je suis ce soir, et où vous êtes vous aussi, tout autour du monde, dans des endroits où je n’aurais jamais pu aller tout seul. J’ai aussi atteint beaucoup de publics différents grâce à la promotion dans les magazines, la publicité et ces trucs-là. Je joue à Lollapalooza aux Etats-Unis, qui était autrefois une grosse fête rock’n’roll, mais maintenant ils sont basés à Chicago, et ils ont quelques artistes hip-hop. Et pour moi, aussi indépendant que je le suis… Les seuls autres artistes hip-hop sont Kanye West, Common, Blackalicious, et Lyrics Born, etc. Et tout cela c’est des indépendants. Ils sont plus gros que moi, mais que des trucs indépendants et alternatifs, alors c’est vraiment intéressant pour moi d’être là-bas. Et je sais que les disques distribués par Ubiquity ont beaucoup contribué à me constituer une base de fans qui ne connaissaient rien au hip-hop avant ça, qui ont écouté mon album et qui ensuite se sont mis à aimer ça.

Pourquoi es-tu parti à Portland ?
Après un diplôme en design graphique à la fac, j’ai rencontré Braille. Lui, moi et Othello sommes devenus le groupe Lightheaded. Je l’ai rencontré à un évènement qui se tenait en Floride à Orlando, et depuis cette rencontre on n’a pas arrêté d’échanger des infos, des e-mails, pour rester en contact. On avait les mêmes goûts en matière de hip-hop et de musique en général. C’était la seule personne que j’ai rencontré qui, tu sais il est plus jeune que moi de deux ans, mais il a vraiment fait des efforts pour que les choses se fassent. Alors quand il avait une idée, je la réalisais avec un beat et on faisait un morceau ensemble. Il arrivait avec une idée, un concept, et j’écrivais dessus, mais je faisais aussi le beat. On était un groupe qui s’appelait « Return Descendant » à l’époque, on n’a jamais sorti un vrai album. On avait un morceau en 2000 qui s’appelait « Butterflies over the nat » mais on n’en a jamais rien fait. Je suis venu lui rendre visite à Portland après la fac, et j’ai fini par rester là-bas. Je n’avais pas prévu de déménager, je voulais juste rester là-bas environ 6 mois pour m’échapper et travailler la musique avec lui. J’ai fini par trouver du travail, progresser sur scène, un boulot en tant que designer. Maintenant je suis toujours là-bas, mais designer free-lance et toujours en train de bosser ma musique.

Tu enregistres aussi des trucs avec ton groupe Lightheaded. Est-ce compliqué pour toi de conduire les deux projets de front, dois-tu faire des choix et définir des priorités entre ces deux projets artistiques ?
Quand j’ai fini mon album, au même moment j’ai produit la plupart des beats, 10 sur 15, sur l’album « Wrong Way » de Lightheaded. Et quand je faisais ça, je travaillais dans une mentalité différente pour la création de beats, car ce n’était pas seulement pour moi, c’était moi avec Braille et Othello travaillant sur un projet complet. Avec Lightheaded c’est plus un truc du genre hip-hop classique, fourré au nu-twist, comme du new school twist. Donc quand j’ai fait ces beats c’était un processus différent. J’ai eu 2 mois pour finir « The Find », et là ma façon de faire était différente, je n’avais rien à demander à personne, « si tu aimes ça, ça, ou ça… ». Je faisais ce que je sentais, et je travaillais avec les musiciens que je voulais, et je faisais tout ça dans un esprit plus musical que simplement pour faire un album de rap. En restant toujours dans l’élément hip-hop, et les influences qui vont avec. Ce n’est pas si dur de tourner par exemple, car en ce moment, chacun dans Lightheaded est d’abord un artiste solo avant que l’on se soit rencontré et que l’on forme Lightheaded. Et je commence à peine à me lancer en solo, Braille s’occupe de son propre label, et il travaille aussi avec une grosse boîte de tourneur qui le fait bouger, et il est marié, et il a un bébé qui arrive, alors il va un peu réduire au niveau des dates. Othello va se marier au mois d’août, il va réduire aussi un peu. Alors c’est pas trop dur en ce moment, Lightheaded se la joue tranquille et fait seulement une ou deux dates par-ci par-là.