Voilà quelques temps qu’on l’attendait, le premier album de Dialect Music est enfin sorti dans le courant de l’année 2010. Après avoir véritablement marqué les esprits avec un premier EP nommé « La spéciale » en 2005, Dialect Music met les petits plats dans les grands en sortant leur très bon premier album bien-nommé « Parlez-vous Dialect ? » labellisé « Hip-Hop organique » et s’affirme désormais non seulement comme le meilleur groupe Hip-Hop de la région, mais aussi et surtout comme un véritable espoir de voir le Hip-Hop français gagner en fraîcheur et en qualité. Rencontre avec Gas, rappeur et leader charismatique du groupe.

 

 

Dialect Music avait déjà sorti un mini-album 6 titres, un EP en 2005 « La spéciale », comment nous le présenterais-tu ?
C’est le premier projet qu’on a fait en tant que groupe Dialect Music, c’est un projet qu’on a  fait à la maison, il y a 6 morceaux dessus, et ce sont des morceaux qu’il nous arrive de jouer encore en live, comme « Parano star », ou « Aquarium ». C’est un projet qui nous a permis de commencer à tourner, c’est sur ce projet-là qu’on  a pu rencontrer notre manager-tourneur, BL musique, qui a cru en ce projet et avec lequel on travaille pour développer la scène, et ça nous a permis de faire des scènes dans la région lyonnaise mais aussi parisienne, ou des festivals comme Nancy jazz Pulsations, Hip-Hop sessions à Nantes, le Chat Noir en suisse où pas mal de jazzman sont passés ; c’est un projet qui nous tient à coeur parce que c’est le premier et c’est celui qui nous a permis d’avancer jusque là, d’arriver jusqu’à « Chaque seconde ».

Le maxi « Chaque seconde » avec Roy Ayers tout de même…
C’est juste pour dire « Les pieds collés au ciment, la tête dans les nuages, », on est là à essayer de penser à ce qui compte pour nous,  et au final on oublie de profiter de chaque seconde, on oublie de vivre… On a eu la chance de collaborer avec Roy Ayers qui est un musicien de renom dans le domaine du jazz de l’acid-jazz, de la funk, musicien très connu dans les années 70 quand il a fait des collaborations prestigieuses et des bandes originales de film comme « Coffy ». C’est l’auteur du morceau « Everybody loves the sunshine » qui est un gros tube international. C’est aussi un artiste qui a été énormément samplé, et par rapport à la démarche de Dialect Music qui est plutôt dans une ésthétique Hip-Hop – jazz – soul, c’était intéressant de collaborer avec un artiste qui a tant participé à ça et puis surtout de faire un projet « vintage », de faire un projet à l’ancienne, avec une vraie rencontre avec les musiciens, on a enregistré ça en studio au naturel, et c’est sorti sur vinyl, CD et téléchargement légal, mais le plus important pour nous c’est le vinyl, c’était vraiment important pour nous de faire un joli vinyl.

Comment Roy Ayers a-t-il apporté sa touche avec son vibraphone en s’intégrant dans Dialect Music,  le morceau était-il déjà préparé ou vous avez créé avec lui ?
On voulait vraiment collaborer avec lui, on s’est rencontré parce qu’on a le même tourneur, on s’est rencontré au cours d’un concert, on a commencé à échanger de la musique, puis on s’est rencontré une deuxième fois, une troisième fois, et au bout d’un moment, on était sur le projet d’album avec le groupe, on s’est dit « Tiens, si on lui proposait un morceau ? ». On a pensé à une compo qu’on lui a proposé, et ça lui a plu, c’est vrai qu’on avait déjà enregistré une base en studio avant qu’il arrive, ensuite on a profité d’un moment où il venait sur Lyon et on a pris une session studio, il a fait quelques prises en freestyle avec son vibraphone, son micro, il était là il chantait, il faisait ses prises, il s’imprégnait, on a bu un petit verre tranquille, la session studio s’est déroulé super naturellement et c’était impressionnant qu’un musicien de cette envergure ait un rapport aussi simple ; au final ça se ressent dans le morceau qu’on était ensemble et qu’on a fait le truc vraiment au feeling, enfin nous c’est ce qu’on retient.

On peut faire le lien avec Hocus Pocus et Oxmo Puccino, avec lequel te sens-tu le plus proche ?
Ça dépend à quel niveau ; au niveau du fond et du texte je me sens plus proche d’oxmo parce que c’est un artiste que j’apprécie depuis tout jeune, et c’est un artiste qui met en avant une poésie qui me touche, et j’espère sans faire de jugement de valeur, et j’espère pouvoir écrire dans ce genre de direction, pouvoir évoquer aux gens ce style d’écriture assez imagée ; Oxmo le fait bien et c’est un vrai personnage. Au niveau de la démarche musicale il peut y avoir des similitudes avec Hocus, j’aime bien leur manière de traiter les sons, leur manière de travailler ; alors c’est vrai qu’on avait des cuivres depuis bien longtemps avec Dialect Music, Hocus Pocus ont rajouté des cuivres à leur formation, ça enrichit encore leur live, j’aime bien leur manière de gérer les instruments, le live et d’approcher la musique.

Le fait d’apporter en France un Hip-Hop très musical teinté de jazz et soul avec des vrais instruments, la présence de groupes comme Hocus Pocus et Oxmo est-elle pour vous plus un obstacle à surpasser ou un apport qui vous permet de montrer qu’il existe d’autres groupe comme ça ?
Comme ils sont plus connus que nous ça reste un challenge, on reste un groupe de Hip-Hop malgré tout donc il y a ce côté challenge, d’essayer de se surpasser pour atteindre quelque chose de bon musicalement ; pour rebondir sur  ta question, il y vraiment en France une scène Hip-Hop acoustique, qui a envie d’aller vers l’instrument, vers un échange avec les musiciens, et qui s’inspire toujours des mêmes racines qui sont le jazz, la soul, la funk. Par rapport à Dialect Music, ce qui est important c’est de rester dans la vie, c’est-à-dire que la musique que je fais aujourd’hui c’est juste une histoire, c’est les gens que j’ai rencontrés, les réflexions que j’ai eues, je suis le produit de tout ça, on est tous le produit de ce qu’on a vécu, de nos expériences ; au-delà des stratégies et de se dire « Hip-Hop acoustique » c’est d’abord l’aventure d’un gars qui a rencontré des musiciens, qui fait du rap et qui fait passer ce qu’il est à travers des mots.

Comment est né ce projet Dialect Music ? Comment as-tu rencontré les musiciens et comment le groupe s’est -il construit ?
A la base j’aimais un Hip-Hop assez musical, inspiré du jazz, des morceaux de Pete Rock, Notorious BIG, Snoop Dogg, des morceaux musicaux et chauds. J’avais du mal à rencontrer des bons musiciens ; ça s’est fait petit à petit, un pote un jour est venu me voir « Tiens je connais un groupe de zic ils n’ont pas de chanteur mais ils aimeraient bien avoir un rappeur », j’ai saisi cette opportunité-là et c’est comme ça que j’ai rencontré la base du groupe, dont les cuivres qui sont toujours dans Dialect aujourd’hui, ils étaient en tout 9 musiciens et ils jouaient des reprises de Buckshot, Macéo, des trucs assez funky, et moi je venais de temps en temps, je rappais, et à partir de ça s’est fait la rencontre humaine, j’ai commencé à comprendre que ce n’était pas des jazzeux perdus dans leur monde, ils avaient aussi un feeling par rapport à la musique, et eux ont commencé à comprendre ce qu’était un rappeur, le flow, les textes etc. Ce sont les concerts qui nous ont permis d’installer le truc, des musiciens sont partis d’autres sont arrivés, jusqu’à la formule avec des gens qui avaient vraiment envie de se regrouper pour faire un projet Hip-Hop acoustique, groove, d’essayer de mélanger et de travailler autour du Hip-Hop et de la musique.

Comment trouves-tu ton équilibre en étant la seule voix dans ce groupe ?
On est vraiment complémentaires et Dialect c’est une conversation qui s’établit entre le MC et les musiciens, ils sont vraiment là pour illustrer les morceaux et ils sont vraiment là pour se faire plaisir et partager le truc sur scène. Je ne me sens pas tout seul, on est vraiment dans une conversation, je fais mes raps, ils essaient d’interpréter, de vivre, d’illustrer le texte avec leurs instruments, c’est vraiment une conversation qui s’établit entre nous et avec le public, en tout cas c’est comme ça que je le vis ; justement ça change bien de comment ça se passait quand je faisais des concerts tout seul, j’arrivais tout seul avec un DJ ou même seul avec une bande, même sur des grosses scènes, c’était mortel, grosse émulation, gros challenge, mais quand t’es avec des musiciens, ça envoie, vous êtes nombreux il y a une puissance qui se dégage qui est puissante et qui fait monter l’adrénaline.

D’où vient ce nom « Dialect Music » ?
C’est parce que notre rencontre s’est faite autour de la zic, au départ on venait tous d’univers un peu différents, univers sociaux et musicaux, au final le langage qu’on a réussi à trouver ensemble on l’a trouvé avec ces émotions, avec ces notes, avec ces mouvements qu’on essaie de transmettre au public, c’est dans ce sens qu’on a trouvé ce nom.

Dialect Music c’est aussi un label ; quelles sont les difficultés aujourd’hui pour gérer un label indé, y a-t-il des idées de faire signer d’autres artistes ?
Aujourd’hui c’est vraiment un label au service du groupe, on l’a monté pour supporter les tournées, avoir une structure, pour fonctionner, on n’est pas entrepreneur dans le sens de produire d’autres groupes, en tout cas pas dans l’immédiat, ce qu’on recherche c’est essayer de faire fonctionner le groupe, en tant que groupe mais aussi en tant que musicien, genre organiser des soirées.

Vous avez pris le temps de sortir ce premier album pour bien vous structurer et sortir un  album à maturité…
Pour nous ça a été douloureux, ce qui est souvent le cas dans le monde de la musique quand on veut aller au bout des choses, ça a pris du temps mais ça nous a permis de préciser ce qu’on voulait faire, notamment au niveau de la scène et du fait qu’on voulait vaiment séparer le travail de la scène et du disque, d’avoir une production propre au disque complètement différente du live, où on est dans une autre dynamique et dans un autre rapport avec le public ; ça a été super intéressant et ça nous a permis d’arriver aujourd’hui avec ce disque et surtout d’avoir vraiment envie de continuer de faire des morceaux, parce qu’on a aussi mis en place une mécanique au fur et à mesure ; il faut dire qu’on est un groupe de live, on a fait beaucoup de scènes depuis 4-5 ans et c’est surtout là-dessus qu’on se concentrait, et quand on a voulu passer au disque il y a eu ce petit souci de production, c’est-à-dire de savoir comment on fait pour mettre de la musique live sur disque et qu’il y ait un univers qui se créée.

Que peux-tu nous préciser sur toute cette période d’enregistrement ?
Finalement ça s’est fait de façon assez naturelle, les morceaux on les a toujours travaillés au local, on les a toujours fait sur scène, donc le fait de faire beaucoup de scènes nous a apporté de tester des morceaux avec le public et de voir comment il tournait et coment on voulait les interpréter. Pour moi en tant que Gas, et pour le groupe Dialect Music, cet album est le vrai résultat d’un parcours, il s’est passé des années, des rencontres, on est content d’avoir ce morceau avec Roy Ayers qui est aussi dans l’album en remix. C’est des super rencontres, avec des gars de Lyon, de Paris, essayer de bouger un peu; on a commencé à défendre cet album et on a eu l’occasion de partir en Europe de l’est, en Pologne, pour faire des petits concerts, ce qui est mortel c’est quand on dit « Parlez-vous Dialect » c’est vraiment ça, la musique doit parler au-delà de la langue et il y a des émotions qui se partagent et c’est de toute façon pour ça qu’on fait de la zic, pour qu’elle soit jouée sur scène, en live et qu’il y ait quelque chose qui puisse se passer avec des gens.

Le titre parle de lui-même et lorsqu’on assiste à un concert de Dialect, on parle Dialect…
Oui pour l’instant ça se passe bien au niveau des lives, après quand on dit « Parlez-vous Dialect » ça ne veut pas dire que ça ; à l’intérieur des paroles et dans notre vision du monde on s’adresse aux gens avec des mots et on se demande si à un moment donné ils vont être capable de comprendre notre démarche qu’on ressent bien à travers le live dans le côté festif, réunificateur entres guillemets, dans le sens faire la fête ensemble, se faire plaisir, il y a ce côté-là organique de chaleur avec les gens et il y a aussi une vision du monde qu’on essaie de faire passer : est-ce que quand on est un grand Noir et qu’on vient d’un quartier on a forcément la même vision que tous les grands Noirs qui viennent de quartier ; Dialect ce sont des gens qui ne se ressemblaient pas forcément, qui se sont mis ensemble pour faire une musique qui ne ressemble pas forcément à ce qu’on a déjà pu entendre : les codes sont faits pour être dépassés. Les choses ne sont pas forcément comme on les attend, les gens ne sont pas que l’image qu’ils reflètent, il y a des choses derrière, et c’est tout ça qui est vivant et qui transpire à travers les textes.

Le morceau « L’artificier », votre « tube », a une mise en scène assez intéressante en live…
C’est un morceau qui est marrant car il parle de quelque chose qui n’est pas forcément joyeux, mais il met la pêche, et qui est interprété avec beaucoup de second degré, d’energie, de joie, c’est un morceau qu’on aime bien jouer en live et qu’on aime bien sur disque.

Sentez-vous les difficultés en venant de province, penses-tu que si vous étiez à Paris vous auriez plus d’opportunités de vous développer et de multiplier les contacts ?
Peut-être mais en fait on ne se concentre pas trop là-dessus. Il faut dire que si on est de Lyon on a eu la chance de bosser avec des gens d’ailleurs, pas forcément de Paris, mais aussi de Paris, la partie tour-manager de Dialect est sur Paris, ça nous permet d’y avoir des ouvertures, d’avoir fait des belles salles comme le New Morning plusieurs fois, le Cabaret sauvage, ça nous permet de bouger et c’est vrai que c’est toujours bien d’avoir des contacts à Paris où il se passe plein de choses. En même temps ce qui est important pour un groupe c’est d’avoir un public et pour tous les groupes c’est la même politique, qu’on soit de Paris ou d’ailleurs, c’est de jouer dans le plus d’endroits différents et que petit à petit à les gens nous reconnaissent ; venir de Paris ça peut t’aider à te faire un nom sur Paris mais il y a plein de groupes de Paris qui ne sont pas connus ailleurs et qui n’arrivent pas à développer une carrière non plus, être connu à Paris ne suffit pas. Les gens qui vont faire qu’un jour notre musique arive à quelque chose viennent de partout, pas forcément à Paris. Il y a plein de gens qui développent des projets dans le sud  de la France, à Lyon aussi, et il y a même de gens de leur campagne avec un PC ils te font un bordel… Il y a tout un tas de gens qui viennent de villes de province et qui font parler d’eux. A Lyon il y a tout un tas  de gens qui font du super boulot, notamment Patchworks, qui est un musicien, producteur avec qui on a collaboré sur cet album et qui fait un travail qui fait parler de lui bien au-delà des frontières lyonnaises.

Au passage, Qui trouve-t-on sur l’album, exepté Patchworks et Roy Ayers ?
Il y a un accordéoniste sur le morceau « Il était une foi » et sur l’intro qui est une intro un peu vieille France, il y a un chanteur qui s’appelle Elby qui fait partie de plusieurs formations lyonnaises, qui a participé au niveau des choeurs. Il y  a des gens qui sont venus mixer des morceaux comme David Kiledjian qui est un musicien producteur lyonnais de talent. Plein de gens de studio, des ingé-sons, c’est vrai que c’est un album qu’on a fait sur le long terme, les premiers morceaux qu’on a faits remontent à trois ans et le dernier à 6 mois, ça s’est étalé et plein de gens ont participé au truc, il y a eu aussi plein de tests avec des invités mais pour un premier album on a choisi ces morceaux-là mais ce qui est intéressant c’est de donnner cette première carte de visite et que les gens nous permettent de développer notre truc. Comme dans une phrase, c’est un peu comme si cet album cétait le premier mot ; ça ouvre pas mal de portes, pas mal d’envies, et justement tous ces concerts-là c’est des rencontres aussi, et ces rencontres donnent envie de faire des choses, Fred Wesley, Raashann Ahmad, des musiciens qu’on a rencontrés en Allemagne, en Pologne, ce sont des expériences qui te font dire que ta musique est ce qu’elle est mais elle te fait vivre des trucs qui te donnent envie de continuer à évoluer là-dedans et à se faire plaisir.

Tu parlais d’une ambiance joyeuse en live, ce qui est vrai, mais ce n’est pas l’impression que j’ai eue en écoutant l’album : des textes plutôt intimistes, voire personnels, presque introspectifs… Qu’est-ce qui se détache de tes paroles quand tu travailles les textes ?
Je pense que la plupart des artistes écrivent toujours la même chanson et c’est mon cas. Quand je fais un morceau je fais  toujours le même mais je ne le regarde pas du même côté à chaque fois…

Au moment tu as vu l’album dans les bacs, l’objet avec le plastique autour, qu’est-ce que tu as préféré, qu’est-ce que tu as moins aimé ?
Le meilleur point c’est qu’il y a un univers et quelque chose qui commence à se dégager au niveau du disque et c’était vraiment un challenge en partant du live avec les musiciens. C’était important pour nous d’arriver à faire quelque chose qui se tienne sur disque et je pense qu’on y est arrivés. Le point négatif c’est que c’est un premier album et comme beaucoup de premiers albums, il manque de l’expérience, des manières d’arranger les morceaux ; ce qui est important c’est de faire les choses, chacun en tire les conséquences, mais tant que tu n’as pas fait les choses tu ne te mets en face de rien. La première fois que j’ai tenu le disque dans mes mains, je me suis dit « ben  voilà, c’est fait »; Après ça fait sa route.  Pour faire le EP « La spéciale » on voulait faire une maquette, on a enregistré les morceaux le mieux possible puis on a essayé de faire une belle pochette, on en tire 500, 1000, 2000, on trouve notre manager comme ça, etc… Quand tu fais un projet tu ne sais jamais où il va aller mais ce qui est important c’est de le faire puisque c’est ça qui te permet d’avoir l’impulsion pour continuer. Dans cet album il y a vraiment des morceaux dont je suis fier. Par rapport au côté plutôt intimiste de l’écriture, je disais que je fais toujours le même morceau parce que je suis toujurs la même personne. On est des êtres humains, on est des êtres complexes, et moi en fait avec mon côté scientifique que j’ai parfois on est tous fait des mêmes ingrédients mais pas avec les mêmes doses ; quel que soit l’état par lequel je suis passé je suis sûr que tu  es passé par le même, sauf que tu n’y es pas passé au même moment ni à la même intensité mais tu y es passé aussi. Tout ce dont je parle ce n’est pas forcément moi c’est peut-être toi aussi et c’est peut-être moi aussi.  Ce qui m’intéresse c’est d’aller vers des choses qui ne soient pas forcément compliquées, pas forcément super graves mais c’est comme ça qu’on fonctionne, qu’on marche… C’est aussi ça que ça veut dire « Parlez-vous Dialect ? », et ça se ressent dans tous les morceaux qui viennent tous d’une expérience, « Il était une foi » est un morceau sur la religion, sur l’espoir, et je trouve que c’est un morceau positif même si c’est pas forcément ce que tu ressens à la première écoute ; c’est ça qui est intéressant aussi dans Dialect, il y a deux lectures, si tu l’écoutes quelques semaines plus tard tu peux le comprendre différemment. Chaque morceau nous représente vraiment et même avec les erreurs on l’a fait, c’est nous, dans la vie aussi on fait des erreurs, on ne peut pas faire des choses parfaites, mais on essaie d’avancer et de le partager avec le maximum de gens ; avec le nombre d’albums qui sortent en ce moment si tu as pu te faire plaisir sur le mien ne serait-ce qu’un moment c’est déjà pas mal, parce que je fais ça parce que j’aime ça, j’ai eu le micro avant l’acné… Le rapport que j’ai avec mon stylo n’a rien à voir avec le rapport que j’ai avec les gens, ce sont deux choses différentes en fait. Ma musique de toute façon je vais la faire ; est-ce que je vais arriver à la partager c’est mon souhait… C’est ce qui ressort des morceaux, c’est intimiste, on parle de beaucoup de choses, ça parle de la vie quotidienne, des rapports entre les gens, et des fois de côtés un peu sombres qu’on peut avoir, mais l’album finit par « Chaque seconde », on trouve « Red button », il y a des morceaux plus légers comme « La crève », et surtout le morceau « Casse pas ta tête » résume un peu le tout..

Ton top 5 albums ?
5ème : Gnarls Barkley, le premier album
4ème : D’Angelo « Brown Sugar »
3ème : Common «  Like water for Chocolate »
2ème : Stevie Wonder
1er : Nas « Illmatic »

Désintégrés (Dialect music) from Dialect music on Vimeo