DJ Damage fait partie de ces personnages qui ont traversé tellement de périodes et courants musicaux qu’il faudrait une journée entière pour l’interviewer. DJ, beatmaker, officiant au sein du Double H puis membre éminent du trio Jazz Liberatorz, Damage a toujours su rester discret et efficace dans sa musique, que ce soit dans ses mixtapes, ses productions, ses émissions de radio, ses featurings, voire ses rares apparitions en DJ set. Rencontre avec un grand monsieur du Djing français lors de son passage dans les studios de Radio Canut.

Par : Whyninot, Nutbreaker, Raistlin
Photos live : NHK

 

Part 1 : où l’on parle des débuts de Damage, des années 90, de la période Bumrush, les DMC, et DJ Pone, et de sa mixtape « Independant addict Vol. 02 »… et où s’intercalent des productions-mix de Damage : un medley d’un album Pete Rock, et « A tribute Called Quest » par Damage.

 
 

Retour fin des années 80, début des années 90 à Paris, quelque chose se créé autour du Hip-Hop, qu’est-ce qui fait qu’avec juste 2 platines, et des vinyles que tu collectionnais, tu te mettes à vraiment mixer et en faire ta passion voire ton gagne-pain ?
En fait j’ai commencé à bosser en club, à l’époque où le club était un vecteur de découverte musicale, ce qui n’est plus le cas du tout depuis plus d’une décennie, on jouait une heure et demie de musique un peu pourrie et tout le reste on se faisait plaisir ; le but c’était de vider la piste et de la remplir au bon moment pour pouvoir permettre aux gens de consommer au bar et faire tourner la boîte, tout simplement.

Tu avais la liberté de mixer ce que tu voulais à l’époque ?
Oui complètement, j’ai mixé des trucs complètement dingues à l’époque, des Mantronix, des trucs comme ça… Comme tu commençais un mix à 21h30 et que tu finissais à 5h du mat’, il y avait de la place…

Début des années 90, quelle est l’étape après le club ?
Moi j’étais en fait Hip-Hop de la première heure parce que je me prenais pour un breakdancer à l’époque, époque 83-84, Trocadéro, H.I.P.-H.O.P., Sydney, tout ça quoi, ensuite le fait de bossr en club m’a légèrement détaché de la rue, quoique j’avais toujours une oreille sur ce qui se faisait, en fait fin des années 80, début 90, c’était mes années américaines, je suis parti régulièrement aux Etats-Unis, donc là je me suis trouvé catapulté aux prémices de ce qu’on a appelé les golden years, le boom bap et tout ça, et comme les beatmakers insufflaient beaucoup de jazz dans la musique, j’étais quand même assez féru de tout ça, ça m’a parlé et j’ai ré-embrayé le Hip-hop à ce moment-là en fait.
Il y a eu une période acid jazz également, j’étais assez régulièrement en Angleterre, j’ai traversé la jungle, l’acid jazz, tout ça me parlait aussi, ça me permettait de jouer autrement, de faire des ones shots ou des soirées presque privées, on se faisait plaisir à jouer la musique qu’on aimait et on avait encore la chance de pouvoir faire découvrir de la musique à l’époque

Avant de produire, tu faisais déjà des mix sur bande magnétique ?
On était complètement dingues ; à l’époque de l’electro, tu avais un binôme de mecs qui s’appelait les Latin Rascals, et Omar Santana, ils faisaient de l’editing à la bande magnétique, revox et cie, c’était notre jeu, on découpait des petits bouts de bandes avec des ciseaux démagnétisés, on faisait des pieds, des caisses claires et on construisait de la musique comme ça en fait.

Comment tu préparais ça sur bande magnétique ?
C’était de la dentelle en fait, un truc super précis, un côté artisanal, j’ai appris ça vers 88, on faisait des jingles pour les radios, et je me suis dit « tiens on peut peut-être en faire autre chose », avec un pote de l’époque on a commencé à faire des partitions, parce que c’était un système métrique, tu tournes à telle vitesse et c’est proportionnel, mais après il fallait un petit côté humain pour que ça ne soit pas trop robotique, des petits décalages et tout.

Tu as ensuite bossé la production, tu as bossé avec des sampleurs ?
Oui, j’ai bossé avec un s950 avec un bon Atari, on faisait des petits jingles des petites conneries, 2-3 compiles acid jazz, avec le label Karamel à l’époque, vers 93.

Qu’est-ce que ce label Karamel?
C’était un importateur de disques ricains sur Panam, qui distribuait principalement les FNAC, ils avaient des petites sorties, ils faisaient ça entre copains, notamment à l’époque c’était avec Mr Betino, qui va créer plus tard la magasin de vinyls Betino’s shop. Nos premières armes discographiques c’était donc là-dessus.

Arrive ensuite la Bumrush, comment as-tu rencontré les gars du Double H ?
En fait j’en connaissais déjà une bonne partie : Cut je le connaissais depuis longtemps, Abdel aussi, Crazy B était un pote de toujours, LBR pareil, Pone est venu aux platines par mon biais et son talent a fait le reste, Cutee B on s’était croisé une fois ou deux…

Les « Bumrush » émissions
Ouais, le « Can’t stop the bumrush »….
ça a marqué une génération en fait ; on faisait ça un peu dans notre chambre, dans le studio de Cut, on n’avait pas vraiment de notion, enfin on savait sur quelle antenne on était et qu’on arrosait la France entière, mais on avait vraiment le sentiment de microcosme en copains…

Quel est le meilleur souvenir que tu gardes de cette époque-là ?
Il y en a plein, c’est complexe, c’est un tout, …. le plaisir de se réunir au moins une fois par semaine, ça nous obligeait à une certaine discipline dans l’amitié, on devait se voir tous ensemble à telle heure une fois dans la semaine, malgré nos vies dissolues et bordéliques… Chacun avait une approche différente du mouvement Hip-Hop, donc on mélangeait les cépages…

Comment s’est passée la rencontre avec DJ Pone ?
La rencontre avec Pone s’est faite par le biais de l’émission de radio que je faisais à l’époque avec JD, sur RM7, une petite radio sur Meaux ; derrière on avait pléthore de gars qui s’abreuvaient de sons, nous on partait 2 fois par an aux Etats-Unis donc on avait pas mal de promo, on avait un paquet de trucs à distiller sur les ondes, et Pone faisait partie des gars qui étaient derrière la radio constamment, et une fois on a fait une sorte de concours, il a eu l’occasion de venir dans les studios, et ce jour-là il y avait Crazy B et il nous a tous vus ensemble en train de délirer autour des platines, et c’est devenu DJ Pone…

Et vous avez eu décidé de concourir ensemble aux DMC en 1996…
En fait je faisais partie du jury DMC à l’époque, et petit à petit l’idée première du DMC qui était de faire un medley de 6mn avec 2 platines commençait à se spécialiser, il y avait des mecs plus scratch, il y avait moins d’enchainements, j’aimais bien le côté un peu global de l’œuvre du mix, je trouvais que ça se perdait, et à force d’en discuter en arrière-boutique, notamment avec Crazy B, il m’a dit « Plutôt d’ouvrir ta gueule tu n’as qu’à te présenter », c’est ce que j’ai fait l’année d’après juste pour le fun. Le fun s’est transformé en deuxième place derrière Crazy B… Au départ c’était pas vraiment pour concourir en fait…

C’était plus dans un mode megamix ?
Je crois qu’à l’époque en 6 mn on a du balancer 26 disques, il y avait des scotchs partout, c’était un vrai bordel…

Du coup ça t’a plus ou moins formé pour travailler en équipe par la suite ?
J’aimais le côté convivial, après j’ai mes délires à moi, quand je suis en mode dictateur musical je préfère être tout seul, je ne fais chier personne comma ça… Après j’aime bien partager aussi, je suis un épicurien, alors pourquoi pas lier la musique, l’envie de faire des choses, et l’amitié ?

Avec Pone vous êtes restés en contact, car il est parti dans plein de directions…
Il avait un  talent que je n’ai pas, il est parti dans son truc et c’est très bien ainsi, on avait quand même 10 ans d’écart, puisqu’on est né le même jour à la même heure mais avec 10 ans d’écart, on est jumeaux cosmiques ! Après il a rencontré Crazy B dans un premier temps, Jr Ewing, il a fait des trucs de son côté, et voilà… Le petit plaisir que je lui avais fait à l’époque, c’est de partir aux championnats DMC à Londres, où il y avait Q-Bert et Mixmaster mike, ça pique…

 

Part 2 : où l’on parle de Jazz Liberatorz, de featurings, de sample et où Damage se prête au jeu du portrait chinois de l’Antichambre

 
 

Pour tous ces sacrés featurings dans Jazz Lib, comment avez-vous fait ?
Au gré des tournées qui approchaient la France ou l’Europe.

Est-ce qu’à chaque fois vous avez rencontré les gars ?
Quasiment, oui. Sur l’album, moitié-moitié. On a fait de la distance, et on a fait du studio direct. C’est souvent une histoire de temps aussi, souvent l’artiste reste un jour ou deux, c’est pas évdident, généralement l’américain aime bien faire du shopping aussi.

C’est souvent des gars qui tournaient sur Panam et que vous avez chopé au vol en fait ?
Oui, grâce aux orgas de concert,  je pense à Free your funk, Underground Explorer, tous ces gens-là, Fab, Awer, Manu, etc…

Quel est le featuring qui t’a le plus marqué ?
Je ne sais pas… Ils m’ont tous marqué à différents niveaux, après le truc qui m’a fait halluciner c’est la rencontre avec Sadat X, parce que Sadat X c’est quand même un mec qui était un peu facho à la période Brand Nubian, il n’aimait pas trop ma pigmentation, le jour où on a enregistré il venait de perdre son père, il allait partir en prison en rentrant aux Etats-Unis, alors on appréhendait un peu la rencontre et le gars a été d’un professionnalisme et d’une fraternité qui marque ; le mec m’a pris dans ses bras, je ne m’y attendais pas, et puis il est super pro, super en place rien à dire, on savait un peu son arrière-boutique au moment de le rencontrer, donc on était un peu en stress, mais ça s’est super bien passé ; il y a eu d’autres comme Aloe Blacc qui m’a dit en 2004 « Tu verras un jour je chanterai ». Après il y a d’autres gars comme Buckshot, à qui je parle de mes années à Brooklyn, il me dit « ah mais tu y étais ?» « ben ouais j’y étais, je t’ai vu sur scène, mais tu ne me parlais pas j’étais blanc », en gros c’était ça…

Il y a eu une anecdote avec Asheru concernant son instru ?
C’était déjà un remix existant sur une mixtape, il adorait tellement ce remix qu’il a voulu absolument poser dessus, il a insisté lourdement et c’est lui qui a gagné, pourtant on en avait 2-3 sous le coude, mais il voulait cette instru, il était très insistant, mais comme on ne voulait que de l’inédit sur l’album ça nous a un peu contrarié, pour être clair…

Et sur tous les morceaux , avec featuring ou non, qu’on retrouve sur vos projets, quel est celui qui a toi te plaît le plus ?
Je ne suis pas très bon public de notre musique, il me faudra quelques années pour dire que c’était bien ce qu’on faisait, quand tu es faiseur tu ne vois que les défauts… « Dark Keys » reste quand même un morceau qui m’a marqué, et dans les feats, Pharcyde (Fatlip et Tre Hardson), c’était un morceau un peu spontané, avec un côté un peu acid jazz ; tu me reposeras la question dans 5-6 ans et je serai peut-être au point, mais j’ai vraiment du mal à écouter ce que je fais, par contre je suis vraiment client des beats de mes potes, je vais voir Dusty ou Mahdi, ils vont me sortir des samples de guedin, c’est ces moments-là que je kiffe ; la dernière fois que je suis passé chez Dusty, il m’en a fait écouter 2-3… Et c’est pareil dans l’autre sens, « Alors là tu m’as mis une bonne quenelle ! », c’est ça le jeu, après quand on évolue sur des morceaux à 3, il y a des morceaux plus spontanés que d’autres ; je pense que les meilleurs morceaux sont les plus spontanés, le morceau d’une journée est très bon, après il y a des morceaux qui demandent plus de boulot ; j’aime bien peaufiner au niveau sonore un morceau, mais dans l’architecture d’un morceau. Le hip-hop est un truc vachement spontané ; je suis souvent bluffé par des trucs techniquement simples, le gars qui t’a pris juste les deux mesures qui défoncent tout quoi ! Et toi tu es passé à côté plein de fois et tu ne l’as pas fait… Et c’est ça qui me fait encore frémir.

Est-ce que ça te pose problème qu’on grille tes samples ?
Avec la démocratisation d’internet, il n’y a plus grand chose de caché, je regrette justement cette époque où on allait digger, j’aimais bien le côté caché des choses, mais après je suis pour la démocratie, donc… C’était sympa d’aller sampler des trucs que les autres n’avaient pas trouvé en fait, à l’époque. Il y avait une démarche physique, intellectuelle, qu’il n’y a plus maintenant.

Dans le trio Jazz Lib, qui est plus spécialiste des samples, des rythmiques, des arrangements … ?
C’est un peu commun en fait, tout le monde met son grain de sel ; il y a des morceaux estampillés Jazz Lib qui ont été fait par un seul mec, des fois en binôme, en trio, si le morceau du copain est adoubé par les deux autres, c’est Jazz Lib, point barre ; comme on n’a pas des égos surdimensionnés on peut retoucher le morceau du copain, si on embellit tant mieux….

Damage s’est aussi prêté au jeu du portrait chinois de l’Antichambre :

Ton premier CD ?
un album de Prince certainement, peut-être « Sign o the times »

Ton premier CD volé ?
Je n’ai jamais volé de CD

Même à un pote…
(rires) ça peut paraître puéril et con mais je n’ai jamais rien volé de ma vie…

Ton premier vinyl ?
« Get Back » des Beatles, c’est mes parents qui me l’ont offert; le premier que j’ai acheté c’est Frankie Smith « Double Dutch »

La première mixtape qui t’ait marquée ?
C’était des mixtapes vendues à New York à la sauvette, y en avait de Kid Capri, je sais plus, y en avait tellement à l’époque, y avait même des DJ inconnus qui faisaient de mixtapes de guedin, je me souviens des mixtapes faites par Undergound Airplay, c’est des mixtapes promulguées par une marque de fringues à l’époque, tu filais 2$ tu avais une mixtape mais tu pouvais avoir une bonne surprise comme une mauvaise, c’était un peu la roulette russe musicale.

Ton premier mix en club ou en soirée ?
La première fois qu’on m’a jeté dans la fosse aux lions, ça devait être en 86 ou 85, quelque chose comme ça.

Ton premier mix en radio ?
Même période, peu de temps après en fait.

Ta première prod ?
Avec sampleur ? En 92

Ton premier sample ?
Ça devait être nécessairement un truc de la famille à James Brown, mais je ne sais plus quoi…

Ton premier concert en tant que spectateur ?
ça doit être Prince au Palace.

Ton premier concert en tant que spectateur mais qui t’a vraiment mis la race ?
Un autre concert de Prince sur la tournée « Sign o the times ». Je suis ressorti j’étais liquide…

Ton premier concert en tant que Jazz Liberatorz ?
ça devait être en 2009 ; on n’a pas vraiment tourné parce qu’on voulait défendre l’album en tant que DJ, mais beaucoup de gens croyaient que notre manière de retourner les samples c’était fait par des zicos, ce qui est très flatteur mais emmerdant pour un DJ.

Mais d’un autre côté vous invitez pas mal de musiciens sur scène
Ben on a pas mal de potes zicos, comme le claviériste Olivier M’Selem, ou le flûtiste, Rico, que j’ai rencontré à l’époque où je bossais dans un petit club à Panam où je faisais des soirées acid jazz, à l’époque Rico jouait dans un groupe qui s’appelle Faya Dub, qui mixe le jazz et le reggae.

Ton premier featuring avec un MC en tant que beatmaker ?
Je pense que c’est avec Aloe Blacc, le premier maxi de Jazz Lib,

Ta première mixette ?
Ouh la la… C’était une Realistic, c’était une espèce de table qui ressemblait à celle de Cash Money mais en plus dégueulasse, et en fait on était obligé de remonter des interrupteurs avec des punaises pour faire des cuts…. On retombe dans l’artisanat.

Ta première 1ere partie de concert en tant que DJ set Damage ?
Je ne sais plus, c’est difficile, j’en ai peut-être fait sans m’en rendre compte en fait. Il y a bien eu l’after party bien guedin, avec Mos Def, De La Soul, après la scène du Zénith, c’était tendu…

Ton premier morceau acheté en numérique ?
Ça doit être un morceau de beatmaker inconnu ; je m’y suis mis sur le tard en fait, à acheter en numérique, je ne saurais te dire, sûrement de la musique instru, ou de la new soul, ou de l’electro…

Pour tes mixtapes « Independant Addict », où est-ce que tu vas digger ces morceaux, même de manière numérique, qui sont des petites perles ?
Mon oreille est formatée, j’écoute tout ce qui sort, et dès que mon oreille s’arrête, hop, voilà…

Les 5 derniers vinyls que tu as acheté ?
Une édit de Hubert Laws par un mec dont je ne sais plus le nom, des albums de rare groove que je n’avais point, et dont je ne me souviens plus du nom… Ce qui se passe généralement quand je me rends sur Panam, je vais voir mon pote Betino, je lui achète un tee-shirt, un bouquin, et un disque, c’est souvent des reedit, des trucs comme ça.

Enfin, qu’en est-il du projet Damage en solo ?
Il est différent des projets Jazz Lib dans le sens où je vais revisiter 25 ans de musique, je reste avec mon idée du son, et je vais revisiter tout ce qui m’a plu, ça passe par de la techno, de la house musique, du broken beat, de la jungle, du hip-hop, du trip-hop, tous les courants musicaux qui m’ont marqué pendant 25 ans, mais revisités à ma sauce, j’espère ne pas dénaturer la substantifique moëlle de chaque mouvement en faisant ça, mais en tout cas j’espère avoir une cohésion sonore, en même temps je suis quand même épaulé par un artiste-arrangeur qui va me faire les cordes et les cuivres, ça sera assez cinématique, car je suis très cinématique… Je vais essayer de travailler ça en trois étapes ; dans un premier temps je fais une espèce de maquette de beatmaker avec un peu de samples en réserve, je fais poser des featurings, il y aura aussi des musiciens, ensuite je réincorpore des samples et je fais les arrangements avec mon pote ; tout en ne perdant pas de vue qu’il faut avancer dans le sens de la scène, c’est-à-dire qu’à la fin de l’album, la scène sera prête.

Pour finir, une double école du sample spéciale Jazz Liberatorz particulièrement intéressante, concoctée par raphaël avec la présence de DJ Damage dans nos studios. Enjoy !