Ou plutôt « funks 2014 », si tant est que la conjugaison existe. Ce qui est sûr, c’est que depuis plusieurs années le label de Hambourg, Allemagne, est très actif sur la scène funk, jazz, breaks, … Nous retiendrons notamment les sorties, qu’elles soient en long format vinyl/CD ou 45 tours, de Pitch & Scratch, The Unity Sextet, JetTricks ou encore The Mighty Mocambos, … Cette année 2014 n’étant pas en reste, au contraire, je vous propose une petite sélection de 3 albums qui comptent parmi les sorties de l’année chez Légère. Chacun des groupes étant originaire d’Angleterre, comme par hasard le maître mot est le funk, mais chacun ayant son approche et son style spécifique.

Nick Pride & The Pimptones « Rejuiced Phat Shake »

Ce 2ième album du groupe de Newcastle propose un mélange rythmé de sonorités rétro et modernes, où le funk et la soul occupent une place prépondérante, se déclinant sous différentes coutures.

L’évolution par rapport à leur 1er album Midnight Feast Of Jazz (sorti chez Record Kicks en 2011), est qu’ici un invité participe à chaque morceau. En effet, si Midnight Feast Of Jazz ne comptait que 3 featurings, on a sur Rejuiced Phat Shake 11 featurings pour 14 titres (et parmi les 3 exceptions, on compte l’intro et un interlude). Cet opus prend donc un peu des airs de compilation, mais il s’agit d’une réelle volonté de Nick Pride. En effet, le producteur, compositeur et guitariste, qui apprécie d’écrire des morceaux pour des voix spécifiques, a volontairement fait ce choix afin d’élargir sa palette.

Et dans toute cette diversité, on trouve d’abord les influences northern soul, sur des rythmiques rapides et retro, avec des titres comme Take Care Of My Love, Why Does My Man Got To Be So Tough? ou  9  Reasons. Mais aussi funk plus traditionnel avec Second Hand Wife ou l’instrumental Soul Food Strut, alors que Everything’s Better In The Summertime tend sur le disco. Et ce n’est pas fini, puisqu’on retrouve du blues sur Walkin’ Out The Door et de la pop sur It’s A Love Thing. Enfin, la touche hip-hop apporte un peu de modernisme, avec Non Stop featuring Dubbul O (récemment repéré du côté de The Mouse Outfit notamment), sa trompette façon sud-américaine et sa guitare funky ; et avec Go With It, saturé de cuivres puisqu’il se joue en featuring avec le Renegade Brass Band.

En écoute ci-dessous : Second Hand Wife

Pour cet album, chaque protagoniste a donc son rôle bien précis : Nick Pride à la composition et aux arrangements, les invités au micro, et bien entendu The Pimptones aux instruments ! Car comment ne pas évoquer ce band, qui assure en studio comme en live, avec ses arrangements toujours groovy. Pour Rejuiced Phat Shake, la formation de base (batterie, basse, guitare et section cuivres complète) s’est enrichie d’un quatuor à cordes, ajoutant (c’est le cas de le dire) une corde à leur arc et donnant encore plus de richesse à leur son.

Voici d’ailleurs la vidéo en version acoustique de Go with It :

 

The New Mastersounds « Therapy »

Chez The New Mastersounds, l’histoire est un peu plus ancienne, puisque leur 1er album remonte à 2001 (Keb Darge Presents… The New Mastersounds, sur le label Deep Funk). Pour ce 9ième opus, signé chez Légères Recordings avec qui ils avaient déjà collaboré par le passé, le quatuor originaire de Leeds (UK) est allé enregistrer à Denver, Colorado. Emmenés par leur leader Eddie Roberts à la guitare, The New Mastersounds ce sont des histoires instrumentales sur fond de funk, décliné sous diverses formes allant de la fusion avec le jazz à un funk brut des plus énergiques.

Sur Therapy, on retrouve bien sûr de gros drum breaks et un esprit vintage, comme sur Old Man Noises qui ouvre l’album, ou sur le festif Whistle Song et ses sifflements. Le côté jazz est développé sur Morning Fly, sa guitare acoustique et son piano, ou sur le downtempo Detox. La chanteuse de Denver Kim Dawson participe à 2 titres, la balade soul I Want You to Stay, et le superbe Soul Sista, inspiré de Lyn Collins et James Brown évidemment. The New Mastersounds explorent même le deep house avec When It Rains … et clôture cet album par une cover. Pour cette reprise, le groupe voulait choisir un titre actuel et a donc demandé des suggestions à ses fans via facebook, et c’est Treasure de Bruno Mars qui a été retenu. Enfin, le raw funk est bien sûr présent à plusieurs reprises, que ce soit sur Monday Meters, Slow Down et son sax alto joué par Ryan Zoidis, ou enfin sur l’anti-guerre inspiré par les évènements en Syrie, WWIII (and how to avoid it) qu’on s’écoute ici :

Eddie Roberts déclare que la musique et la création ont toujours été pour lui une thérapie, et qu’il a voulu que cet album procure aux auditeurs autant de bien-être que le réaliser a pu lui en a procurer. Alors le mieux est peut-être de vite tomber malade et de vous administrer une bonne dose The New Mastersounds matin, midi et soir !

En supplément, la video “live in studio” de Monday Meters :

 

The Impellers « My Certainty »

Pour son  3ième album, le groupe de Brighton débarque chez Légère après être passé chez Freestyle et Mocambo. Cette fois-ci, la chanteuse Clair Witcher participe à tout l’album, à l’exception de 2 titres instrumentaux. Un certain nombre de changements qui fait que, selon les membres du groupe, cet album constitue un peu un tournant, a l’occasion duquel ils ont cette fois voulu mettre en avant les sentiments avant la musique.

En effet, emmené par le compositeur, producteur et multi-instrumentaliste Glenn Fallows, The Impellers ont d’abord voulu user de différents styles musicaux afin de vraiment coller à l’histoire racontée, aux sentiments dégagés par le morceau. De même, Clair Witcher a essayé de faire en sorte que sa voix soit le miroir des émotions que les musiciens voulaient faire passer. Donc un album plus basé sur l’écriture, sur l’émotion, que sur la musique, mais qui nous offre quand même de bons titres funk endiablés et uptempo comme Ray McKay, Put The Man in Egomaniac, ou encore My Tears, sur lequel ils se sont attacher à restituer l’attitude et l’énergie dégagée par toutes les divas soul des 60’s :

Alors que douceur et soul laissent la part-belle à Clair Witcher sur Can’t Change Me, Something Only Happens To Me ou My Certainty, emmené par une guitare acoustique et des percussions, celle-ci s’efface sur quelques instrumentaux comme Veeber et Sworn In Enemy, à l’influence afro-funk pour ce dernier. Et tandis que The Routine propose une basse bien groovy, un beat et un refrain hypnotiques, An Other Day est un hommage à la ville de New York. Enfin, I Don’t Care, You Dit It et Not About That allient parfaitement l’énergie au micro de Clair Witcher et le groove de The Impellers.

Parmi les bons moments de l’album, on compte Last Dance of The Moai, le 1er single, disponible en 45 tours (avec Veeber en face B), et qui figurait déjà sur leur 1er album, mais qui a été réarrangé dans une veine plus groovy. S’il s’agit d’un titre contestataire, sur la manière dont nous détruisons notre planète (faisant référence aux Moai, les statues que l’on trouve sur l’île de Paque), il est aussi taillé pour les b-boys et b-girls comme en témoigne la vidéo :

J’espère que cette sélection vous fera ajouter le site web de Légère Recordings dans vos favoris, afin de rester infomés des news et sorties des très bons labels Légère, Lounge Records et Muto.