« Oshun », c’est le nom d’un Orisha, et plus exactement l’orisha des eaux et des rivières, et déesse de la beauté. Un Orisha d’origine Yoruba, donc d’Afrique de l’ouest (actuel Ghana – Nigeria), importé par les esclaves qui la vénéraient par le biais de la traite négrière, et que l’on retrouve maintenant dans le nord du brésil, dans la religion du Candomblé, mais aussi à Cuba dans la Santeria.

Mais « Oshun », c’est aussi un duo de 2 chanteuses New-Yorkaises, de Manhattan, et auparavant de Washington DC. Elles proposent une musique qui dépasse les frontières de la nu-soul et du hip-hop : un peu de soul façon Jill Scott par-ci, un soupçon de rap façon Lauryn Hill par là, utilisant des instrus de rap 90’s, des productions très new school, limite trap, avec bien sûr une forte essence soul.

Entre rap, nu soul et spoken word, entre poésie, afrocentrisme, spiritualité et lutte pour les droits des femmes, elles épousent bien sûr la cause de la lutte des droits civiques et noirs afro-américains, sans être radicalement féministe, ni radicalement Black Panthers, mais plutôt en tendant vers cette nouvelle tendance culturelle nommée Afro-punk.

Une implication politique évidente pour ces deux jeunes filles qui n’hésitent pas à arborer des tee-shirts où il est écrit : “I met god : she’s black”, implication démontrée par le morceau “I wake up, stay woke”, avec cette intro en forme de spoken word, et superbement imagé dans le clip satirique :

Un univers 70’s, assez black power, que l’on retrouve dès l’intro de leur album « Yasase Yaa », sorti en 2015. Une intro où elles reprennent le classique gospel “Wade in the water”, comme une évidence : « wade in the water » que l’on pourrait traduite par « patauger dans l’eau », correspond parfaitement à l’univers d’Oshun, qui, rappelons-le, est la déesse de l’eau dans la religion yoruba. Cette intro met donc en lumière leur univers : on entend de l’eau qui coule, les chants gospel, mais des chaines et une grosse voix autoritaire viennent perturber l’ensemble.

La reprise du classique gospel “wade in the water” sonne comme une évidence : « wade in the water » que l’on pourrait traduite par « patauger dans l’eau », correspond parfaitement à l’univers d’Oshun, qui, rappelons-le, est la déesse de l’eau dans la religion yoruba.

Un univers aquatique que l’on retrouve bien évidemment dans les clips, où l’on voit ces deux demoiselles dans des éléments naturels, (lacs, rivières, cascades), dans une végétation luxuriante, et dans lesquels les deux chanteuses se mettent aussi en scène, dans l’eau bien sûr, le visage et le corps peints, dans le plus simple appareil, seulement vêtues de simples tissus et peintures corporelles où dominent la couleur jaune, qui est la couleur de la déesse Oshun, mais aussi le bleu, la couleur de Yemoja, déesse des mers et des océans entre autres. Le mieux c’est d’écouter les paroles de ce morceau Gyenyame, de regarder ce magnifique clip et d’apprécier cette superbe chanson.

Le duo Oshun nous a donc livré un magnifique album “Asase Yaa” daté de 2015 : Un album à tiroirs, avec des fois deux morceaux différents sur la même track, un album où les morceaux s’enchainent comme s’il ne faisaient qu’un, reliés entre eux par des bruits de nature, principalement l’eau sous toutes ses formes, rivière, la pluie, cascades, orage….

Un album très varié musicalement, et surtout très spirituel, puisqu’elles évoquent souvent les dieux yoruba à travers les titres des morceaux, (« Oxum », « Shango », qui n’était autre que le mari d’Oshun…). Le morceau bien-nommé “Gods”, pourrait peut-être le mieux illustrer cet album :

Enfin, on va termine cet article avec le superbe clip politico-conscient du morceau « # », qui était sorti sur leur premier EP en 2014 nommé « Afahye » :