Under Kontrol est un crew de 4 beatboxers dispersés entre Marseille, Lyon, et Paris, ce qui n’empêche nullement les 4 compères de se retrouver facilement et de parcourir le monde pour offrir des lives énergiques aux quatre coins de la planète. Il est en effet difficile pour des beatboxers de capter une longue attention d’un public non initié, mais ces 4-là ont le pouvoir d’y arriver par leur ingéniosité et leur musicalité !
Après un titre de champion du monde, leur premier album est sorti en automne 2011, et la venue occasionnelle de Tiko dans nos studios, nous a permis de nous parler de la conception de cet album que je vous conseille d’écouter attentivement.

Le titre : pourquoi « 1 » ? On croit que le titre c’est « Strictly for the mouth », ce qui paraitrait logique.
Le titre c’est un, one, uno, adim, wahed, ichi, c’est le chiffre « 1 » quelle que soit la langue que tu utilises ; « Strictly for the mouth » c’est juste le sous-titre car comme indiqué, tout est fait avec la bouche. Il y a plein d’autre significations, mais le concept c’est bien le chiffre « 1 » ; l’idée c’était que ce soit lisible et intelligible partout, comme l’est le beatbox.

Pourquoi « 1 » si vous êtes 4 ?
Parce qu’on est 4 pour faire une seule musique, c’est aussi une notion musicale dans le funk, James Brown avait l’habitude de faire « hum !! » au début de toutes les mesures, c’est quelque chose qui nous a beaucoup marqué au niveau musical, et après c’est une petite devinette, à toi de chercher un peu…

Parce que vous avez aussi été premiers au championnat du monde !
Ouais, et puis c’est surtout notre premier album à nous, et c’est sans prétention le premier album 100% beatbox en fait, où le beatbox est assumé du début à la fin, il n’y a pas de featuring avec un rappeur ou un autre musicien, on est entièrement tous les 4 à la bouche pour le faire, et vu que c’était la première fois que ça se faisait on s’est dit qu’on allait marquer le coup et qu’on allait l’appeler « 1 ».

Pour revenir sur le groupe, vous vous êtes formés, rencontrés comment ?
L’histoire remonte à quelques années déjà, les premières rencontres datent de 2003 entre eux, moi je les ai rencontrés un peu après, c’est par le biais du beatbox tout simplement, les battles, les conventions, les workshops, et il y a 5 ans de ça les PHM, le duo marseillais, avaient l’occasion de faire une résidence dans une salle de concert, ils ont fait un appel à projet à une dizaine de beatboxers histoire d’avoir un projet ponctuel ; on s’est retrouvés à 4 dans la résidence à passer une semaine complètement enfermés, on avait les mêmes envies, la même dynamique, les mêmes influences, l’alchimie ponctuelle de groupe a bien pris, de projet ponctuel on est passé à un vrai groupe…

Un projet qui se voulait très live au départ, puisque vous avez bossé le live des championnats, comment en arrive-t-on à faire un album ? Ce n’est pas du tout la même démarche.
Ce n’est pas la même démarche mais en même temps c’est la continuité, il y a 2 étapes à ça, on a vraiment travaillé le live comme tu disais, car les gens disaient « Un beatboxer ça passe entre 2 plateaux, ça fait les interludes, ça dure 5 mn, c’est rigolo », donc on ne peut pas faire quelque chose de construit avec. Le premier défi ça a donc été de faire une heure de show complet où l’on met des claques aux gens et les gens repartent en se disant « oui, c’était de la musique qu’on a vu », même si il y a le côté performance ; au bout de 5 ans de live tu as envie de passer à autre chose et pour passer à autre chose l’étape c’est de l’enregistrer, de le figer un peu ; et puis il y avait aussi une nécessité : les professionnels demandent une actualité, donc un disque.

J’imagine qu’il y a une difficulté quand tu enregistres le disque, c’est l’aspect spectaculaire du live qu’il est peut-être difficile de retranscrire sur enregistrement, parce qu’en live les gens vous voient faire.
La logique du travail de l’album c’était de condenser sur un album les 4 ans qu’on a travaillés et qui ont abouti à une heure de show, on a donc du travailler pour les adapter parce qu’effectivement quand on est sur scène il y a une part de visuel, en live il y a 3 tiers : beatbox, visuel, musique, or sur l’album tu zappes le visuel. Donc effectivement il a fallu qu’on travaille ça ; on a poussé la finesse de certaines sonorités de cuivres ou d’autres choses, essayer d’être un peu plus musical, et on s’est permis aussi quelques pistes où par exemple il y a 2 lignes de cuivre alors que sur scène il n’y en a qu’un qui le fait, on peut se permettre ça en studio. Mais on défend vraiment l’album sur scène, dans le sens où ce qu’on fait sur disque on le retrouve sur scène véritablement.