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Si l’on retrouve clairement la patte de Renegades Of Jazz sur plusieurs titres, le producteur allemand réalise quand même un joli grand écart avec ce troisième album justement nommé Moyo Wangu, qui nous emporte dans l’univers afro funk. Et attention, prenez garde : une écoute prolongée pourrait vous entraîner dans une irrémédiable transe !

Maintenant qu’on le connait bien, David Hanke apparait clairement comme un homme de concept. Tout a commencé avec un premier album Hip To The Jive (2011) qui mêlait adroitement jazz vintage et break beat, inspiré par les vieux disques de sa grand-mère. Puis un deuxième, Paradise Lost (2015), en forme d’introspection, qui s’aventurait sur des sentiers plus sombres. Aujourd’hui, Moyo Wangu (qui peut se traduire par « mon cœur » en swahili) est un condensé d’afro-funk des plus modernes, mettant à l’honneur sa jeunesse passée au Tanzanie. C’est le label Agogo (comme pour Paradise Lost) qui nous gratifie de ce double LP et nous sommes loin d’être déçus, tant par le contenu musical que le bel artwork, sobre mais efficace !

On navigue ici dans le groove et les bonnes vibrations, dans un assemblage de guitares funky, de cuivres et de percussions sur les prods de R.O.J. Les 12 titres vont du mid-tempo au up-tempo et voient participer notamment la section cuivre des californiens Jungle Fire, le producteur et multi-instrumentiste marseillais Hugo Kant (qui assure la flûte sur le titre Moyo Wangu) et Kabanjak, autre producteur et multi-instrumentiste, qui participe à Zebra Talk.

On s’écoute Afro Cookie, sorti au printemps, forme de prémice en 45 tours :

La touche africaine est principalement apportée par les chants scandés qui rythment chacun des titres. On retrouve clairement la touche R.O.J. sur des titres comme Harambee ou Jazz Makossa, quand l’atmosphère se fait grave et les boucles hypnotiques, alors que d’autres sortent du lot comme Jamboree avec son ambiance plus jazzy et qui nous emmène d’un côté plus traditionnel de la musique africaine. Ce qui est certain, c’est que tous les titres sont vivants et taillés pour le dance floor ! Beaucoup évoluent, sont construits en plusieurs phases, ce qui est à souligner car ce n’est pas toujours le cas sur les albums de producteurs, qui donnent parfois l’impression d’un simple assemblage de boucles.

Ce Moyo Wangu constitue pour moi la très bonne découverte de la rentrée, venant confirmer le talent d’un Renegades Of Jazz qui nous dévoile par la même occasion une nouvelle facette très intéressante de sa personnalité !

Un petit dernier, Moyo Wangu feat. Hugo Kant :