T-Love, dont on attendait un album après les fameux « Long way up » et « Long way back » revient en fait avec une compilation. The picki people ce sont tout simplement les artistes qui l’entourent à l’intérieur du label qu’elle a monté elle-même, nommé « Pickininny ».

L’idée de sortir cette compilation vient d’un état des faits sans concession sur l’industrie de la musique telle que nous le décrit T-Love sur son site :

« Les chiffres de ventes de disques depuis maintenant presque dix ans sont en chute libre. Il est peut-être temps d’arrêter de s’en prendre à la technologie et de se regarder dans le miroir. Peut-être que le problème vient de nous. Si les gens étaient un peu plus difficiles, peut-être que l’industrie du disque se porterait mieux.

On est en droit de se demander si le mileu de la musique n’aurait pas moins de problèmes si les directeurs artistiques étaient un peu plus regardant sur les artistes qu’ils signent, si les rappeurs étaient un peu plus exigeants avec eux-même, si les DJs étaient un peu plus pointilleux sur la qualité de ce qu’ils jouent et surtout si le public était un peu plus difficile avec les groupes qu’il supporte. »

Picki People est donc, plus qu’un label, « un crew de producteurs, DJs, musiciens, photographes, journalistes, réunis par l’envie de faire prospérer la musique de qualité. » « Dans l’équipe Picki People on fait de la musique par passion. (…) Les membres du crew monté autour de T-Love peuvent se permettre de produire la musique qu’ils veulent, sans avoir à se soucier des tendances actuelles. »

Il faut rappeler que la rappeuse, originaire de Californie, vit en France depuis quelques années déjà. La compilation en elle-même n’est pas non plus une révolution, mais elle apporte une pierre de plus à l’édifice d’une musique axée Hip-Hop et teintée de jazz et soul, et surtout, on sent cette énergie commune qui habite tous les invités de cette compil ; un casting pour le moins intéressant où l’on retrouve des artistes indé pratiquement inconnus pour le quidam moyen, mais que le connaisseur saura en apprécier la présence : Yeshua da poed, Niamaj (un pote de Kero One), Myka Nine (Freestyle Fellowships), Audessey du groupe Soundsci (qui n’est autre qu’une fusion des membres de Dynamic Syncopation – London et Mass Influence – Atlanta…), ajoutons à cela Chali 2na en cerise sur le gâteau…

et en producteurs : Dusty (Jazz Lib), Breiss (Meaux Town aussi), A cat called Fritz, Ollie Teeba (Herbaliser). A noter deux participations pour le moins originales : M.Anifest, un rappeur Ghanéen, et The last Genius, producteur qui vient apparement de Tunisie. D’autres surprises viennent jalonner cet album, notamment Preach Jacobs, Kai Swivel, Katrah-Quey, MercuryWaters… Sur ces artistes-là votre serviteur ne peut en effet pas vous renseigner. Mais si vous voulez en savoir plus, procurez-vous cet album, sorti en CD et vinyle, en attendant le volume 2.